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Examen national du baccalauréat — Session normale 2015 (épreuve repassée)
On considère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k), le plan (P) d’équation x+y+z+4=0 et la sphère (S) de centre Ω(1;−1;−1) et de rayon 3.
1) a)(0,75 pt) Calculer le distance d(Ω,(P)) et en déduire que le plan (P) est tangent à la sphère (S)
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Un vecteur normal à (P) est n(1;1;1). On a :
d(Ω,(P))=12+12+12∣1+(−1)+(−1)+4∣=33=3.
La distance du centre Ω au plan (P) est égale au rayon 3 de la sphère : le plan (P) est donc tangent à la sphère (S).
b)(0,5 pt) Vérifier que le point H(0;−2;−2) est le point de contact du plan (P) et la sphère (S)
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0+(−2)+(−2)+4=0, donc H∈(P).
ΩH(−1;−1;−1)=−n, donc (ΩH) est orthogonale à (P).
ΩH=1+1+1=3, donc H∈(S).
H est le projeté orthogonal de Ω sur (P) et appartient à (S) : c’est le point de contact de (P) et de (S).
2) On considère les deux points A(2;1;1) et B(1;0;1)
a)(0,75 pt) Vérifier que OA∧OB=i−j−k et en déduire que x−y−z=0 est une équation cartésienne du plan (OAB)
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OA(2;1;1) et OB(1;0;1) :
OA∧OB=1011i−2111j+2110k=1i−1j−1k=i−j−k.
Ce vecteur est non nul, donc normal au plan (OAB). Une équation de (OAB) est de la forme x−y−z+d=0 ; comme O∈(OAB), d=0.
Donc x−y−z=0 est une équation cartésienne du plan (OAB).
b)(0,5 pt) Déterminer une représentation paramétrique de la droite (Δ) passant par Ω est orthogonale au plan (OAB)
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(Δ) est orthogonale à (OAB), donc u(1;−1;−1) (normal à (OAB)) est un vecteur directeur de (Δ). Elle passe par Ω(1;−1;−1) :
(Δ):⎩⎨⎧x=1+ty=−1−tz=−1−t(t∈R).
c)(0,5 pt) Déterminer les coordonnées de chacun des deux points d’intersection de le droite (Δ) et de la sphère (S)
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Une équation de (S) est (x−1)2+(y+1)2+(z+1)2=3. Le point M(1+t;−1−t;−1−t) de (Δ) appartient à (S) si et seulement si
t2+t2+t2=3⟺t2=1⟺t=1out=−1.
Pour t=1 : M1(2;−2;−2).
Pour t=−1 : M2(0;0;0), c’est-à-dire le point O.
(Δ) coupe (S) aux points (2;−2;−2) et O(0;0;0).
Exercice 2 — Nombres complexes (3 points)
1)(0,75 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation : z2+10z+26=0
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Le discriminant est Δ=102−4×26=100−104=−4=(2i)2<0. L’équation admet deux solutions complexes conjuguées :
z1=2−10+2i=−5+i,z2=2−10−2i=−5−i.S={−5+i;−5−i}.
2) On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O;e1,e2), les points A, B, C et Ω d’affixes respectifs a, b, c et ω tels que : a=−2+2i, b=−5+i, c=−5−i et ω=−3
a)(0,5 pt) Montrer que : a−ωb−ω=i
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b−ω=−5+i+3=−2+i et a−ω=−2+2i+3=1+2i. Alors
a−ωb−ω=1+2i−2+i=(1+2i)(1−2i)(−2+i)(1−2i)=1+4−2+4i+i−2i2=55i=i.
b)(0,5 pt) En déduire la nature du triangle ΩAB
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De a−ωb−ω=i on déduit :
a−ωb−ω=∣i∣=1, donc ΩB=ΩA ;
(ΩA,ΩB)≡arg(i)≡2π[2π].
Le triangle ΩAB est donc rectangle et isocèle en Ω.
3) Soit le point D image du point C par la translation T de vecteur u d’affixe 6+4i
a)(0,5 pt) Montrer que l’affixe d du point D est 1+3i
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L’écriture complexe de la translation T est z′=z+6+4i. Donc
d=c+6+4i=−5−i+6+4i=1+3i.
b)(0,75 pt) Montrer que : a−db−d=2 et en déduire que le point A est le milieu du segment [BD]
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b−d=−5+i−1−3i=−6−2i=2(−3−i) et a−d=−2+2i−1−3i=−3−i. Donc
a−db−d=−3−i2(−3−i)=2.
Ainsi DB=2DA : les points D, A, B sont alignés et A est sur [DB] avec DA=21DB.
Donc A est le milieu du segment [BD]. (Vérification : 2b+d=2−5+i+1+3i=−2+2i=a.)
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une urne contient huit boules : 3 boules rouges, 3 boules vertes et deux boules blanches (les boules son indiscernables au toucher)
On tire au hasard successivement et sans remise deux boules de l’urne
1)(1,5 pt) On considère l’événement A suivant : “tirer une boule blanche au moins”
et l’événement B suivant : “tirer deux boules de même couleur”
Montrer que : p(A)=2813 et p(B)=41.
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Un tirage est une liste ordonnée de deux boules distinctes : cardΩ=A82=8×7=56.
Calcul de p(A). L’événement contraire A est « aucune boule blanche » : les deux boules sont choisies parmi les 6 boules non blanches, d’où cardA=A62=6×5=30.
p(A)=1−p(A)=1−5630=5626=2813.
Calcul de p(B). Deux rouges : A32=6 ; deux vertes : A32=6 ; deux blanches : A22=2.
p(B)=566+6+2=5614=41.
2) Soit X la variable aléatoire qui égale au nombre de boules blanches tirées
a)(0,5 pt) Montrer que p(X=2)=281
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(X=2) signifie « tirer les deux boules blanches » : p(X=2)=56A22=562=281.
b)(1 pt) Déterminer la loi de probabilité de la variable aléatoire X et calculer l’espérance mathématique E(X)
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X prend les valeurs 0, 1 et 2.
p(X=0)=p(A)=5630=2815.
(X=1) : une blanche et une non blanche, dans un ordre ou dans l’autre : p(X=1)=562×(2×6)=5624=73.
p(X=2)=281.
xi
0
1
2
p(X=xi)
2815
2812
281
(On vérifie : 2815+12+1=1.)
E(X)=0×2815+1×2812+2×281=2814=21.
Exercice 4 — Problème (11 points)
Partie I
Soit g la fonction numérique définie sur R par : g(x)=ex−2x.
1)(0,75 pt) Calculer g′(x) pour tout x de R puis en déduire que g est décroissante sur ]−∞,ln2] et croissante sur [ln2,+∞[.
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g est dérivable sur R et, pour tout x∈R : g′(x)=ex−2.
Si x≤ln2, alors ex≤eln2=2, d’où g′(x)≤0.
Si x≥ln2, alors ex≥2, donc g′(x)≥0.
Ainsi g est décroissante sur ]−∞,ln2] et croissante sur [ln2,+∞[.
2)(0,5 pt) Vérifier que g(ln2)=2(1−ln2) puis déterminer le signe de g(ln2).
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g(ln2)=eln2−2ln2=2−2ln2=2(1−ln2).
Comme 2<e, on a ln2<lne=1, donc 1−ln2>0 : g(ln2)>0.
3)(0,5 pt) En déduire que g(x)>0 pour tout x de R.
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D’après 1), g admet un minimum absolu sur R atteint en ln2, égal à g(ln2). Donc pour tout x∈R : g(x)≥g(ln2)>0.
Partie II
On considère la fonction numérique f définie sur R par : f(x)=ex−2xx. et soit (C) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé (O;i,j) (unité : 1cm).
1) a)(1 pt) Montrer que x→+∞limf(x)=0 et x→−∞limf(x)=−21.
(remarquer que ex−2x=x(xex−2) pour tout x de R∗)
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Pour x=0 : f(x)=x(xex−2)x=xex−21.
En +∞ : x→+∞limxex=+∞, donc x→+∞lim(xex−2)=+∞ et x→+∞limf(x)=0.
En −∞ : x→−∞limex=0 et x→−∞limx1=0, donc x→−∞limxex=0 et x→−∞limf(x)=0−21=−21.
b)(0,5 pt) Interpréter géométriquement chacun des deux derniers résultats.
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x→+∞limf(x)=0 : la droite d’équation y=0 (l’axe des abscisses) est asymptote horizontale à (C) au voisinage de +∞.
x→−∞limf(x)=−21 : la droite d’équation y=−21 est asymptote horizontale à (C) au voisinage de −∞.
2) a)(0,75 pt) Montrer que f′(x)=(ex−2x)2(1−x)ex pour tout x de R.
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f est dérivable sur R comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur g(x) ne s’annule pas (Partie I). Pour tout x∈R :
f′(x)=(ex−2x)21×(ex−2x)−x(ex−2)=(ex−2x)2ex−2x−xex+2x=(ex−2x)2(1−x)ex.
b)(0,75 pt) Étudier le signe de f′(x) sur R puis dresser le tableau de variations de f sur R.
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Comme ex>0 et (ex−2x)2>0, le signe de f′(x) est celui de 1−x :
f′(x)>0 sur ]−∞,1[, f′(1)=0, f′(x)<0 sur ]1,+∞[.
f(1)=e−21.
x
−∞
1
+∞
f′(x)
+
0
−
f(x)
−21
↗
e−21
↘
0
f est strictement croissante sur ]−∞,1] et strictement décroissante sur [1,+∞[.
c)(0,25 pt) Montrer que y=x est une équation de la droite (T) tangente à la courbe (C) au point O origine du repère.
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f(0)=10=0 et f′(0)=(e0−0)2(1−0)e0=1. La tangente en O a pour équation y=f′(0)(x−0)+f(0), soit y=x.
3)(1 pt) Tracer, dans le même repère (O,i,j), la droite (T) et la courbe (C).
(on prendra e−21≈1,4 et on admettra que la courbe (C) a deux points d’inflexion l’abscisse de l’un appartient à l’intervalle ]0,1[ et l’abscisse de l’autre est supérieur à 23).
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On place les asymptotes y=−21 (en −∞) et y=0 (en +∞), le maximum (1;e−21)≈(1;1,4), et la tangente (T):y=x en O. La courbe (Ch−1) de la Partie III est tracée en vert.
4) a)(0,75 pt) Montrer que xe−x≤ex−2xx≤e−21 pour tout x de l’intervalle [0,+∞[.
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Soit x∈[0,+∞[.
Inégalité de gauche. On a −2x≤0, donc 0<ex−2x≤ex (on sait que ex−2x>0). En passant aux inverses : ex−2x1≥ex1=e−x. En multipliant par x≥0 : ex−2xx≥xe−x.
Inégalité de droite. D’après le tableau de variations, f admet sur R un maximum égal à f(1)=e−21. Donc ex−2xx=f(x)≤e−21.
Ainsi xe−x≤ex−2xx≤e−21 pour tout x∈[0,+∞[.
b)(0,75 pt) En utilisant une intégration par parties, montrer que : ∫01xe−xdx=1−e2.
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On pose u(x)=x, v′(x)=e−x ; alors u′(x)=1, v(x)=−e−x (u et v de dérivées continues sur [0,1]).
∫01xe−xdx=[−xe−x]01+∫01e−xdx=−e−1+[−e−x]01=−e1−e1+1=1−e2.
c)(0,5 pt) Soit, en cm2, A(E) l’aire du domaine plan délimité par la courbe (C), l’axe des abscisses et les deux droites d’équations x=0 et x=1. Montrer que : 1−e2≤A(E)≤e−21.
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Sur [0,1], f(x)≥xe−x≥0, donc (unité 1cm) A(E)=∫01f(x)dxcm2.
En intégrant l’encadrement de 4) a) sur [0,1] (positivité de l’intégrale, 0<1) :
∫01xe−xdx≤∫01f(x)dx≤∫01e−21dx,
c’est-à-dire 1−e2≤A(E)≤e−21.
Partie III
Soit h la fonction numérique définie sur l’intervalle ]−∞;0] : h(x)=f(x)
1)(0,5 pt) Montrer que la fonction h admet une fonction réciproque h−1 définie sur un intervalle J que l’on précisera.
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h est continue sur ]−∞;0] et strictement croissante sur cet intervalle (car ]−∞;0]⊂]−∞;1]). Elle admet donc une fonction réciproque h−1 définie sur
J=h(]−∞;0])=]limx→−∞h(x);h(0)]=]−21;0].
2)(0,5 pt) Tracer, dans le même repère (O,i,j), la courbe (Ch−1) représentative de la fonction h−1.
Voir la solution
(Ch−1) est la symétrique de la partie de (C) correspondant à x≤0 par rapport à la droite (T):y=x. Elle admet la droite x=−21 comme asymptote verticale et passe par O, où elle est tangente à (T) (courbe verte sur la figure de la question II-3)).
Partie IV
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=−2 et un+1=h(un) pour tout n de N
1)(0,5 pt) Montrer par récurrence que un≤0 pour tout n de N.
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Montrons par récurrence que, pour tout n∈N, un≤0.
Initialisation. Pour n=0 : u0=−2≤0. La propriété est vraie au rang 0.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons que un≤0 et montrons que un+1≤0.
Comme un∈]−∞;0], un+1=h(un)∈J=]−21;0], donc un+1≤0.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un≤0.
2)(0,75 pt) Montrer que la suite (un) est croissante.
(remarquer, graphiquement, que : h(x)≥x pour tout x de l’intervalle ]−∞,0]).
Voir la solution
Graphiquement, sur ]−∞,0], la courbe (C) est au-dessus de la droite (T):y=x, donc h(x)≥x.
(Justification : pour x≤0, h(x)−x=ex−2xx(1+2x−ex) ; la fonction k:x↦1+2x−ex a pour dérivée 2−ex>0 sur ]−∞,0], donc k(x)≤k(0)=0 ; ainsi xk(x)≥0 et h(x)−x≥0.)
Soit n∈N. Comme un≤0 (question 1)), on a un+1=h(un)≥un. La suite (un) est donc croissante.
3)(0,75 pt) En déduire que la suite (un) est convergente et déterminer sa limite.
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La suite (un) est croissante et majorée par 0 : elle est donc convergente. Notons ℓ sa limite ; comme un≤0, ℓ≤0.
h est continue sur ]−∞,0] et un+1=h(un), donc ℓ vérifie h(ℓ)=ℓ, c’est-à-dire eℓ−2ℓℓ(1+2ℓ−eℓ)=0, soit ℓ=0 ou k(ℓ)=0.
Or k est strictement croissante sur ]−∞,0] et k(0)=0, donc k(ℓ)=0 entraîne ℓ=0.