Plan du chapitre. I. Le vecteur dans l’espace --- II. Vecteurs colinéaires — Points alignés --- III. Vecteurs coplanaires — Points coplanaires.
Durée indicative : 4 heures. Prérequis : vecteurs dans le plan, translation, calcul vectoriel plan.
Hors programme : produit scalaire dans l’espace, équations cartésiennes, coordonnées dans l’espace.
I. Le vecteur dans l’espace
Activité 1
On considère un cube ABCDEFGH (face avant ABCD, face arrière EFGH, avec A sous E, B sous F, etc.).
Citer trois vecteurs égaux à AB.
Simplifier AB+AD et AE+EF+FG.
Construire le point M tel que AM=21AC+AE.
Voir la solution
1) Dans le cube : AB=DC=EF=HG.
2)AB+AD=AC (parallélogramme ABCD).
AE+EF+FG=AG (Chasles).
3) On place le milieu I de [AC], puis M tel que IM=AE.
Définition 1 (vecteur dans l’espace)
Deux points distincts A et B de l’espace définissent un vecteurAB, caractérisé par :
une direction : celle de la droite (AB) ;
un sens : de A vers B ;
une norme : ∥AB∥=AB.
Le vecteur AA est le vecteur nul, noté 0.
Remarque 1
Pour tout point A et tout vecteur u de l’espace, il existe un unique point M tel que AM=u.
Le vecteur −u est l’opposé de u : même direction, même norme, sens opposés.
Définition 2 (égalité)
Deux vecteurs u et v de l’espace sont égaux s’ils ont même direction, même sens et même norme.
Propriété 1
Soit ABCD un quadrilatère de l’espace. On a
AB=DC⟺ABCD est un paralleˊlogramme.
Remarque 2 (opérations)
L’ensemble des vecteurs de l’espace est muni de l’addition (Chasles, règle du parallélogramme) et de la multiplication par un réel, avec les mêmes règles qu’en géométrie plane :
Tous les résultats de géométrie plane restent valables dans chaque plan de l’espace.
Exemple 1
Soit ABCDEFGH un cube.
Simplifier AB+CG, BF+HG et AB+AE+FG.
Construire les points M et P tels que AM=21AB et 2AP+CD=0.
Voir la solution
1)CG=AE, donc AB+CG=AB+AE=AF.
BF=AE et HG=AB, donc BF+HG=AE+AB=AF.
FG=AD, donc AB+AE+FG=AB+AE+AD=AG.
2)M est le milieu de [AB].
2AP=−CD et CD=−AB, donc AP=21AB : P coïncide avec M.
II. Vecteurs colinéaires — Points alignés
Définition 3 (colinéarité)
Deux vecteurs non nuls u et v de l’espace sont colinéaires s’ils ont la même direction.
On convient que 0 est colinéaire à tout vecteur.
Propriété 2
u et v sont colinéaires si et seulement s’il existe un réel a tel que u=av.
Remarque 3
(AB)∥(CD) (avec A=B, C=D) si et seulement s’il existe un réel a tel que CD=aAB.
Définition 4 (alignement)
Trois points A, B, C de l’espace sont alignés s’ils appartiennent à une même droite.
Propriété 3
Les points A, B, C sont alignés si et seulement si AB et AC sont colinéaires : il existe un réel a tel que AC=aAB.
Exemple 2
Soit ABCDEFGH un cube. On place I tel que EI=31EG. Soit K le point tel que AK=31AC.
Exprimer EI et AK dans la base (AB,AD,AE).
En déduire que (EI)∥(AK).
Voir la solution
1) Posons AB=u, AD=v, AE=w.
EG=AG−AE=(u+v+w)−w=u+v=AC, donc EI=31EG=31(u+v).
AK=31AC=31(u+v).
2) Ainsi AK=EI, donc les vecteurs directeurs de (AK) et (EI) sont égaux : (EI)∥(AK).
Définition 5 (droite incluse dans un plan)
Une droite (D) est incluse dans un plan (P), noté (D)⊂(P), si elle contient deux points distincts de (P).
En particulier, si A=B, (AB)⊂(P) dès que A∈(P) et B∈(P).
Propriété 4
Une droite (D′) est parallèle à un plan (P) si et seulement si elle est parallèle à une droite (D) incluse dans (P). On note alors (D′)∥(P).
Remarque 4
Deux droites parallèles à un même plan ne sont pas nécessairement parallèles entre elles.
Deux droites orthogonales dans l’espace ne sont pas nécessairement perpendiculaires (elles peuvent être non coplanaires).
Propriété 5 (définition vectorielle d’une droite)
Soit A un point et u un vecteur non nul. La droite passant par A et de vecteur directeur u, notée D(A;u), est l’ensemble des points M tels que AM et u sont colinéaires :
M∈D(A;u)⟺∃t∈R,AM=tu.
III. Vecteurs coplanaires — Points coplanaires
Remarque 5 (vecteurs d’un plan)
Soit (P) un plan. Si u∈(P) et v∈(P), alors u+v∈(P) et, pour tout réel k, ku∈(P).
Définition 6 (coplanarité de vecteurs)
Trois vecteurs u, v, w de l’espace sont coplanaires s’il existe un plan les contenant tous les trois.
Propriété 6
u, v, w sont coplanaires si et seulement s’il existe des réels a, b tels que
w=au+bv
(lorsque u et v ne sont pas colinéaires ; sinon la condition se reformule de façon analogue).
Définition 7 (points coplanaires)
Quatre points A, B, C, D sont coplanaires s’ils appartiennent à un même plan.
Propriété 7
A, B, C, D sont coplanaires si et seulement si AB, AC, AD sont coplanaires : il existe des réels a, b tels que
AD=aAB+bAC.
Exemple 3
Soit ABCDEFGH un cube. Soit I le milieu de [AB] et J le milieu de [EH].
Vérifier que IJ=IA+AE+EJ.
En déduire que IJ=AE+21BD.
Montrer que IJ, AE et HB sont coplanaires.
Voir la solution
1) Chasles : IJ=IA+AE+EJ.
2)I milieu de [AB]⟹IA=−21AB.
J milieu de [EH]⟹EJ=21EH=21AD (car EH=AD).
Donc IJ=−21AB+AE+21AD.
Or BD=AD−AB, donc 21BD=21AD−21AB, et IJ=AE+21BD.
3) D’après 2), IJ=1⋅AE+21BD. Or BD=−HB, donc IJ=AE−21HB : combinaison linéaire de AE et HB. Les trois vecteurs sont coplanaires.
Exemple 4
Soient A, B, C, D quatre points non coplanaires, et T le point tel que
2AT+CB=AB+4AD.
Montrer que A, C, D, T sont coplanaires.
Voir la solution
On exprime AT en fonction de AB, AC, AD.
CB=AB−AC, donc
2AT+AB−AC=AB+4AD,2AT=AC+4AD,AT=21AC+2AD.
Ainsi AT=21AC+2AD : combinaison linéaire de AC et AD. Les points A, C, D, T sont coplanaires.
Propriété 8 (définition vectorielle d’un plan)
Soit A un point et u, v deux vecteurs non colinéaires. Le plan passant par A et de vecteurs directeurs u, v, noté P(A;u;v), est l’ensemble des points M tels que
AM=au+bv(a,b∈R).
En particulier, si A, B, C ne sont pas alignés :
M∈(ABC)⟺∃a,b∈R,AM=aAB+bAC.
Méthode
Pour travailler dans l’espace sans coordonnées :
Choisir une base adaptée (AB,AD,AE) sur un cube ou un parallélépipède.
Traduire milieux et relations par des égalités vectorielles.
Pour l’alignement : montrer une colinéarité AC=aAB.
Pour la coplanarité : écrire un vecteur comme combinaison linéaire de deux autres.
ABCDEFGH est un parallélépipède rectangle. I est le milieu de [BF].
1) Les vecteurs CA, DG et DH sont-ils coplanaires ? Justifier.
2) Les vecteurs AI, AB et AE sont-ils coplanaires ? Justifier.
Voir la solution
On pose AB=u, AD=v, AE=w.
1)CA=−u−v, DG=AG−AD=(u+v+w)−v=u+w, DH=w.
Supposons DG=aCA+bDH : u+w=a(−u−v)+bw. Par indépendance de (u,v,w) : coefficient de v donne −a=0 donc a=0, puis u=0 : contradiction. Les trois vecteurs ne sont pas coplanaires.
2)I milieu de [BF] : AI=AB+21BF=u+21w (car BF=AE).
Donc AI=1⋅AB+21AE : oui, coplanaires.
Exercice 3 — Milieux — cube Facile★★☆☆☆
Soit ABCDEFGH un cube. Soient I le milieu de [AE] et J le milieu de [CG].
1) Montrer que IJ=AC.
2) En déduire que (IJ)∥(AC) et IJ=AC.
3) Soit Ω le centre du cube (milieu de [AG]). Montrer que Ω est le milieu de [IJ].
Voir la solution
1)IJ=AJ−AI. Or I milieu de [AE]⟹AI=21AE.
J milieu de [CG]⟹AJ=AC+CJ=AC+21CG=AC+21AE (car CG=AE).
Donc IJ=AC+21AE−21AE=AC.
2) Immédiat d’après 1).
3) Le centre Ω vérifie AΩ=21AG=21(AC+AE).
Le milieu M de [IJ] : AM=21(AI+AJ)=21(21AE+AC+21AE)=21AC+21AE=AΩ. Donc M=Ω.
ABCDEFGH est un cube. I est le milieu de [HF]. Le point M vérifie 2IM=MA.
1) Montrer que AM=32AI et que M∈[AI].
2) Soient J et K les milieux respectifs de [EF] et [BC]. Montrer que JK=21EB+21FC.
Voir la solution
1)2IM=MA=−AM. Or IM=AM−AI, donc
2(AM−AI)=−AM⟹3AM=2AI⟹AM=32AI.
Ainsi M est sur la droite (AI) et situé entre A et I.
2)J milieu de [EF] et K milieu de [BC]. On a EB=AB−AE et FC=AC−AF=AD−AE (car AF=AB+AE et AC=AB+AD).
Le milieu J vérifie AJ=AE+21AB ; le milieu K vérifie AK=AB+21AD.
Alors JK=AK−AJ=AB+21AD−AE−21AB=21AB+21AD−AE.
Or 21EB+21FC=21(AB−AE)+21(AD−AE)=21AB+21AD−AE. D’où l’égalité.
Exercice 5 — Parallélisme droite-plan Facile★★☆☆☆
Soit ABCDEFGH un cube. I, J et O sont les milieux respectifs de [AE], [GH] et [CH].
1) Montrer que IJ=AO.
2) En déduire que (IJ)∥(AHC).
Voir la solution
1) Avec la base u=AB, v=AD, w=AE :
AI=21w, G=u+v+w, H=v+w, J=21(G+H)=u/2+v+w,
AJ=21u+v+w, IJ=21u+v+21w.
O milieu de [CH] : C=u+v, H=v+w, O=21u+v+21w, donc AO=IJ.
2)AO=21AC+21AH (car O milieu de [CH] et AO=21(AC+AH)). Donc IJ est combinaison linéaire de AC et AH, vecteurs directeurs de (AHC) : (IJ)∥(AHC).
Exercice 6 — Définition vectorielle Facile★☆☆☆☆
Soit ABCDEFGH un cube.
1) Déterminer le plan P(A;AB;AD).
2) Déterminer l’ensemble des points M tels que AM=xAC+yAE avec (x,y)∈R2.
3) Caractériser la droite D(E;AB).
Voir la solution
1)P(A;AB;AD) est le plan (ABD), c’est-à-dire le plan de la face inférieure (ABC) (ou (ABD)).
2) C’est le plan P(A;AC;AE)=(ACE), plan diagonal passant par A, C, E.
3)D(E;AB) est la droite passant par E et parallèle à (AB), c’est-à-dire la droite (EF) (car EF=AB).
Exercice 7 — Coplanarité — cube Facile★★☆☆☆
ABCDEFGH est un cube. Soient I le milieu de [BE] et J le milieu de [GC].
1) Faire une figure.
2) Montrer que IJ=21EG+21FG.
3) En déduire que IJ, EG et FG sont coplanaires.
Voir la solution
1) Figure : cube avec I milieu de [BE] et J milieu de [GC].
2) En base u=AB, v=AD, w=AE :
I=21(B+E)=21u+21w, J=21(G+C)=u+v+21w,
d’où IJ=21u+v.
Or EG=u+v et FG=v, donc IJ=21EG+21FG.
3) Immédiat d’après 2).
Exercice 8 — Tétraèdre — coplanarité Moyen★★★☆☆
On considère un tétraèdre ABCD. Les points I, J, K, L sont définis par :
AI=21AB,BJ=21BC,CK=21CD,DL=21DA.
1) Faire une figure.
2) Exprimer IJ et KL en fonction de AB, AC, AD.
3) En déduire que I, J, K, L sont coplanaires.
4) Montrer que (BD) est parallèle au plan (IJKL).
Voir la solution
1) Figure du tétraèdre avec les quatre milieux (milieux des arêtes AB, BC, CD, DA).
2)IJ=AJ−AI=(AB+21BC)−21AB=21AB+21BC=21AC.
KL=AL−AK. Or AL=AD+DL=AD+21DA=AD−21AD=21AD,
et AK=AC+CK=AC+21CD=AC+21(AD−AC)=21AC+21AD.
Donc KL=21AD−21AC−21AD=−21AC=−IJ.
3)KL=−IJ, donc (IJ)∥(KL) et IJ=KL : IJKL est un parallélogramme (ou un aplati), donc les quatre points sont coplanaires.
4)BD=AD−AB. De plus IL=AL−AI=21AD−21AB=21BD.
Donc BD=2IL, et IL est un vecteur du plan (IJKL) : (BD)∥(IJKL).
Exercice 9 — Tétraèdre — intersection Facile★★☆☆☆
On considère un tétraèdre ABCD. Les points E, F, G sont définis par :
AE=21AB+21AC,AF=2AD−AC,AG=AD.
1) Justifier que E∈(ABC).
2) Montrer que les points F, C, D sont alignés.
3) Exprimer CG et CF en fonction de CD, puis montrer que G∈(FC).
Voir la solution
1)AE=21AB+21AC : combinaison linéaire de AB et AC, donc E∈(ABC).
2)AF=2AD−AC. Alors CF=AF−AC=2AD−2AC=2(AD−AC)=2CD.
DF=AF−AD=AD−AC=CD.
Donc CF=2DF : CF et DF sont colinéaires, F, C, D sont alignés.
3)CG=AG−AC=AD−AC=CD, et CF=2CD, donc CG=21CF : G∈(FC).
Exercice 10 — Pyramide — parallélisme Facile★★☆☆☆
PABCD est une pyramide de sommet P dont la base ABCD est un parallélogramme. On considère les points M et N tels que
BM=21BP,CN=21CP.
1) Montrer que MN et AD sont colinéaires.
2) En déduire que (MN)∥(PAD).
3) Montrer que MN=21AD.
Voir la solution
1)MN=BN−BM. Or BM=21BP et BN=BC+CN=BC+21CP.
Comme ABCD est un parallélogramme, AD=BC. De plus M et N sont les milieux de [BP] et [CP], donc (MN) est la droite des milieux dans le triangle BPC : MN=21BC=21AD.
2)MN=21AD et AD dirige une droite du plan (PAD) : (MN)∥(PAD).