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Examen national du baccalauréat — Session normale 2020
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (les deux parcours) — option française
Code NS 22F — Durée : 3 h — Coefficient : 7
INSTRUCTIOS GENERALES
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée
Le candidat peut traiter les exercices de l’épreuve suivant l’ordre qui lui convient
L’utilisation de la couleur rouge lors de la rédaction des solutions est à éviter
COMPOSANTES DU SUJET
L’épreuve est composée de trois exercices et un problème indépendants entre eux et répartis suivants les domaines comme suit :
Domaine
Barème
Exercice 1
Suites numériques
4 points
Exercice 2
Nombres complexes
5 points
Exercice 3
Limites, dérivabilité et calcul intégral
4 points
Problème
Etude d’une fonction numérique
7 points
Exercice 1 — Suites numériques (4 points)
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=23 et un+1=2un+52un pour tout n de N
1)(0.25 pt) Calculer u1
Voir la solution
u1=2u0+52u0=2×23+52×23=3+53=83.
2)(0.5 pt) Montrer par récurrence que pour tout n de N, un>0
Voir la solution
Initialisation. Pour n=0 : u0=23>0. La propriété est vraie au rang 0.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons un>0 et montrons un+1>0.
Comme un>0, on a 2un>0 et 2un+5>5>0, donc un+1=2un+52un>0.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un>0.
3) a)(1 pt) Montrer que pour tout n de N, 0<un+1≤52un. Puis en déduire que pour tout n de N, 0<un≤23(52)n
Voir la solution
Soit n∈N. D’après 2), un>0, donc un+1>0. On compare un+1 et 52un :
un+1−52un=2un+52un−52un=5(2un+5)10un−2un(2un+5)=5(2un+5)10un−4un2−10un=5(2un+5)−4un2.
Or un>0, donc −4un2<0 et 5(2un+5)>0, d’où un+1−52un≤0, soit un+1≤52un.
Ainsi, pour tout n∈N : 0<un+1≤52un.
Encadrement. Montrons par récurrence que pour tout n∈N, 0<un≤23(52)n.
Initialisation. Pour n=0 : u0=23 et 23(52)0=23, donc 0<u0≤23.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons 0<un≤23(52)n. D’après ce qui précède :
0<un+1≤52un≤52×23(52)n=23(52)n+1.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : 0<un≤23(52)n.
b)(0.5 pt) Calculer n→+∞limun
Voir la solution
Pour tout n∈N : 0<un≤23(52)n.
Or −1<52<1, donc n→+∞lim(52)n=0, et n→+∞lim23(52)n=0.
D’après le théorème d’encadrement : n→+∞limun=0.
4) On considère la suite numérique (vn) définie par : vn=2un+34un pour tout n de N
a)(0.75 pt) Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 52
Voir la solution
Comme un>0, on a 2un+3>0 et vn est bien défini. Soit n∈N :
vn+1=2un+1+34un+1=2⋅2un+52un+34⋅2un+52un=2un+54un+3(2un+5)2un+58un=4un+6un+158un=10un+158un.
Donc
vn+1=5(2un+3)8un=52×2un+34un=52vn.
La suite (vn) est donc géométrique de raison 52.
b)(1 pt) Déterminer vn en fonction de n, et en déduire un en fonction de n
Voir la solution
v0=2u0+34u0=3+34×23=66=1.
Donc, pour tout n∈N : vn=v0(52)n=(52)n.
De vn=2un+34un on tire vn(2un+3)=4un, soit 2unvn+3vn=4un, d’où un(4−2vn)=3vn.
Comme vn=(52)n≤1<12, on a 4−2vn=0, et
un=4−2vn3vn=2(2−(52)n)3(52)n=23⋅2−(52)n(52)npour tout n∈N.
Exercice 2 — Nombres complexes (5 points)
1) Dans l’ensemble C des nombres complexes, on considère l’équation :
(E):z2−2(2+6)z+16=0
a)(0.5 pt) Vérifier que le discriminant de l’équation (E) est Δ=−4(6−2)2
Voir la solution
Δ=[2(2+6)]2−4×16=4(2+212+6)−64=4(8+43)−64=32+163−64=−32+163.
D’autre part :
−4(6−2)2=−4(6−212+2)=−4(8−43)=−32+163.
Donc Δ=−4(6−2)2.
b)(1 pt) En déduire les solutions de l’équation (E)
Voir la solution
Δ=−4(6−2)2<0 (car 6=2). Les solutions sont
z=22(2+6)±2i(6−2)=(2+6)±i(6−2).
Donc S={(6+2)+i(6−2);(6+2)−i(6−2)}.
(Remarque : l’énoncé écrit 2+6 pour la partie réelle ; c’est le même nombre.)
2) Soient les nombres complexes a=(6+2)+i(6−2), b=1+i3 et c=2+i2
a)(0.75 pt) Vérifier que bc=a, puis en déduire que ac=4b
Voir la solution
c=2−i2, donc
\begin{align*}
b\overline{c}&=(1+i\sqrt{3})(\sqrt{2}-i\sqrt{2})\
&=\sqrt{2}-i\sqrt{2}+i\sqrt{6}+\sqrt{6}\
&=\left(\sqrt{6}+\sqrt{2}\right)+i\left(\sqrt{6}-\sqrt{2}\right)=a.
\end{align*}
De bc=a, en multipliant par c : b∣c∣2=ac. Or ∣c∣2=(2)2+(2)2=4, donc ac=4b.
b)(0.5 pt) Ecrire les nombres complexes b et c sous forme trigonométrique
Voir la solution
∣b∣=1+3=2 et b=2(21+i23)=2(cos3π+isin3π).
∣c∣=2+2=2 et c=2(22+i22)=2(cos4π+isin4π).
c)(0.5 pt) En déduire que : a=4(cos12π+isin12π)
Voir la solution
D’après 2.a) : ac=4b, donc a=c4b (car c=0).
a=4⋅2(cos4π+isin4π)2(cos3π+isin3π)=4(cos(3π−4π)+isin(3π−4π))=4(cos12π+isin12π).
3) Dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O;u,v), on considère les points B, C et D d’affixes respectives b, c et d telle que d=a4.
Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe de M′ l’image de M par la rotation R de centre O et d’angle 12π
a)(0.5 pt) Vérifier que z′=41az
Voir la solution
M′=R(M)⟺z′=ei12πz. Or a=4ei12π, donc ei12π=4a et z′=41az.
b)(0.25 pt) Déterminer l’image du point C par la rotation R
Voir la solution
L’affixe de R(C) est c′=41ac. Or ac=4b, donc c′=b : R(C)=B.
c)(0.25 pt) Déterminer la nature du triangle OBC
Voir la solution
OB=∣b∣=2 et OC=∣c∣=2, donc OB=OC : le triangle OBC est isocèle en O.
De plus, BOC=arg(cb)=3π−4π=12π (ce qui est cohérent avec R(C)=B).
Ainsi, OBC est un triangle isocèle en O d’angle au sommet 12π.
Écart avec le corrigé de contrôle : celui-ci affirme à tort que OBC est « rectangle et isocèle en O » ; l’angle en O vaut 12π, pas 2π.
d)(0.75 pt) Montrer que a4=128b et en déduire que les points O, B et D sont alignés
Voir la solution
a4=(4ei12π)4=44ei3π=256(cos3π+isin3π)=256⋅2b=128b.
Or d=a4, donc d=128b, soit bd=128∈R.
Ainsi OB et OD sont colinéaires, donc les points O, B et D sont alignés.
Exercice 3 — Limites, dérivabilité et calcul intégral (4 points)
On considère la fonction numérique g définie sur ]0,+∞[ par : g(x)=2x−2−lnx
1) a)(0.5 pt) Montrer que pour tout x de ]0,+∞[, g′(x)=xx−1
Voir la solution
g est dérivable sur ]0,+∞[ (somme de fonctions dérivables). Pour tout x>0 :
g′(x)=2x2−x1=x1−x1=xx−1.
b)(0.5 pt) Montrer que g est croissante sur [1,+∞[
Voir la solution
Pour x≥1 : x≥1, donc x−1≥0 et x>0, d’où g′(x)≥0.
Donc g est croissante sur [1,+∞[.
c)(0.5 pt) En déduire que pour tout x de [1,+∞[, 0≤lnx≤2x
(remarquer que 2x−2≤2x)
Voir la solution
Soit x≥1. Comme g est croissante sur [1,+∞[ et g(1)=2−2−ln1=0, on a g(x)≥g(1)=0, soit 2x−2−lnx≥0, d’où lnx≤2x−2.
Or 2x−2≤2x, donc lnx≤2x.
De plus x≥1 implique lnx≥0.
Donc, pour tout x∈[1,+∞[ : 0≤lnx≤2x.
d)(1 pt) Montrer que pour tout x de [1,+∞[, 0≤x2(lnx)3≤x8 et en déduire x→+∞limx2(lnx)3
Voir la solution
Soit x≥1. D’après 1.c) : 0≤lnx≤2x, d’où
0≤(lnx)3≤(2x)3=8xx.
En divisant par x2>0 :
0≤x2(lnx)3≤x28xx=x8.
Or x→+∞limx8=0. D’après le théorème d’encadrement :
limx→+∞x2(lnx)3=0.
2) a)(0.75 pt) Montrer que la fonction G:x↦x(−1+34x−lnx) est une primitive de g sur ]0,+∞[
Voir la solution
G est dérivable sur ]0,+∞[. Pour tout x>0, en dérivant un produit :
\begin{align*}
G’(x)&=\left(-1+\frac{4}{3}\sqrt{x}-\ln x\right)+x\left(\frac{4}{3}\cdot\frac{1}{2\sqrt{x}}-\frac{1}{x}\right)\
&=-1+\frac{4}{3}\sqrt{x}-\ln x+\frac{2}{3}\sqrt{x}-1\
&=2\sqrt{x}-2-\ln x=g(x).
\end{align*}
Donc G est une primitive de g sur ]0,+∞[.
On considère la fonction numérique f définie sur R par :
f(x)=−x+25−21ex−2(ex−2−4)
On note (C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O;i,j) (unité : 2cm)
1)(0.5 pt) Montrer que x→−∞limf(x) et x→+∞limf(x)
Voir la solution
(L’énoncé officiel est elliptique : il demande de déterminer ces deux limites.)
Quand x→−∞ : −x+25→+∞ et ex−2→0, donc 21ex−2(ex−2−4)→0.
D’où x→−∞limf(x)=+∞.
Quand x→+∞ : −x+25→−∞ et −21ex−2(ex−2−4)=−21e2(x−2)+2ex−2→−∞.
D’où x→+∞limf(x)=−∞.
2) a)(0.5 pt) Démontrer que la droite (Δ) d’équation y=−x+25 est une asymptotique à la courbe (C) au voisinage de −∞
Voir la solution
(Coquille de l’énoncé : « asymptotique » pour « asymptote ».)
f(x)−(−x+25)=−21ex−2(ex−2−4).
Quand x→−∞ : ex−2→0, donc x→−∞lim(f(x)−(−x+25))=0.
Donc (Δ) est asymptote à (C) au voisinage de −∞.
b)(0.75 pt) Résoudre l’équation ex−2−4=0 puis montrer que la courbe (C) est au dessus de (Δ) sur l’intervalle ]−∞,2+ln4] et en dessous de (Δ) sur l’intervalle [2+ln4,+∞[
Voir la solution
ex−2−4=0⟺ex−2=4⟺x−2=ln4⟺x=2+ln4.
f(x)−(−x+25)=−21ex−2(ex−2−4).
Or −21ex−2<0 pour tout x. Le signe de f(x)−(−x+25) est donc opposé à celui de ex−2−4 :
si x≤2+ln4 : ex−2−4≤0, donc f(x)−(−x+25)≥0 : (C) est au-dessus de (Δ) ;
si x≥2+ln4 : ex−2−4≥0, donc f(x)−(−x+25)≤0 : (C) est en dessous de (Δ).
3)(0.5 pt) Montrer que x→+∞limxf(x)=−∞ et interpréter géométriquement le résultat
Voir la solution
xf(x)=−1+2x5−2x1ex−2(ex−2−4)=−1+2x5−2xe2(x−2)+x2ex−2.
Quand x→+∞ : 2x5→0, x2ex−2→+∞ mais −2xe2(x−2)→−∞ domine (croissance exponentielle plus rapide), donc x→+∞limxf(x)=−∞.
Comme x→+∞limf(x)=−∞ et x→+∞limxf(x)=−∞, la courbe (C) admet une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées au voisinage de +∞.
4) a)(0.5 pt) Montrer que pour tout réel x, f′(x)=−(ex−2−1)2
Voir la solution
f est dérivable sur R. Posons u(x)=ex−2. Alors f(x)=−x+25−21u(u−4)=−x+25−21u2+2u, et u′=u.
\begin{align*}
f’(x)&=-1-u\cdot u+2u=-1-u^2+2u=-(u^2-2u+1)=-(u-1)^2\
&=-\left(e^{x-2}-1\right)^2.
\end{align*}
b)(0.25 pt) Dresser le tableau de variations de la fonction f
Voir la solution
Pour tout x∈R : f′(x)=−(ex−2−1)2≤0, et f′(x)=0⟺ex−2=1⟺x=2.
Donc f est strictement décroissante sur R (la dérivée s’annule en un seul point). f(2)=2.
xf′(x)f(x)−∞+∞−↘202−↘+∞−∞
5)(0.75 pt) Calculer f′′(x) pour tout réel x, puis montrer que A(2,2) est un point d’inflexion de la courbe (C)
Sur ]−∞,2[ : ex−2−1<0, donc f′′(x)>0 ; sur ]2,+∞[ : f′′(x)<0.
Ainsi f′′ s’annule et change de signe en x=2, et f(2)=2 : A(2,2) est un point d’inflexion de (C).
6)(0.5 pt) Montrer que l’équation f(x)=0 admet une solution unique α telle que 2+ln3<α<2+ln4
Voir la solution
f est continue et strictement décroissante sur R, avec x→−∞limf(x)=+∞ et x→+∞limf(x)=−∞, donc l’équation f(x)=0 admet une unique solution α∈R.
Or f(2+ln3)=2−ln3>0 (car ln3<2) et f(2+ln4)=21−ln4<0 (car ln4>21).
Donc f(2+ln3)×f(2+ln4)<0, et comme f est strictement décroissante : 2+ln3<α<2+ln4.
7)(1 pt) Construire (C) et (Δ) dans le repère (O;i,j) (on prend ln2≃0,7 et ln3≃1,1)
Voir la solution
On place : l’asymptote (Δ):y=−x+25, le point d’inflexion A(2,2) (tangente horizontale), le point d’intersection avec (Δ) d’abscisse 2+ln4≃3,4, la racine α∈]3,1;3,4[, et la branche parabolique verticale en +∞.
8) a)(0.5 pt) Montrer que la fonction f admet une fonction réciproque f−1 définie sur R
Voir la solution
f est continue et strictement décroissante sur R, et x→−∞limf(x)=+∞, x→+∞limf(x)=−∞.
Donc f réalise une bijection de R sur R, et admet une fonction réciproque f−1 définie sur R.
b)(0.75 pt) Construire dans le même repère (O;i,j) la courbe représentative de la fonction f−1 (remarquer que la droite (Δ) est perpendiculaire à la première bissectrice du repère)
Voir la solution
La courbe de f−1 est la symétrique de (C) par rapport à la première bissectrice y=x.
La droite (Δ):y=−x+25 a pour pente −1, produit avec la pente 1 de y=x égal à −1 : (Δ) est bien perpendiculaire à y=x. Sa symétrique par rapport à y=x est elle-même (c’est une médiatrice de segments joignant un point de (C) à son symétrique).
c)(0.5 pt) Calculer (f−1)′(2−ln3) (remarquer que f−1(2−ln3)=2+ln3)
Voir la solution
f−1(2−ln3)=2+ln3 et f est dérivable en 2+ln3 avec
f′(2+ln3)=−(eln3−1)2=−(3−1)2=−4=0.
Donc f−1 est dérivable en 2−ln3 et
(f−1)′(2−ln3)=f′(2+ln3)1=−41=−41.